Abandon implicite de la théorie du ministre-juge et affirmation de la compétence directe du Conseil d'État comme juge administratif de droit commun en premier ressort.
L'apport de l'arrêt Cadot n'est pas formulé dans un considérant de principe mais résulte de la manière dont le Conseil d'État traite le litige : il statue directement sur la demande de Cadot, sans que la décision ministérielle préalable soit traitée comme un jugement s'imposant en premier ressort, ce qui vaut abandon de la théorie du ministre-juge et auto-proclamation du Conseil d'État comme juge administratif de droit commun, sauf texte contraire attribuant compétence à une autre juridiction.
La source ne permet pas d'isoler un considérant énonçant expressément le principe dégagé : l'arrêt statue directement sur la demande du sieur Cadot tendant à l'annulation pour incompétence de la décision du ministre de l'Intérieur du 17 octobre 1885, puis rejette la requête au fond (« DECIDE : Article 1er - La requête du sieur Cadot est rejetée »), sans énoncer formellement l'abandon de la théorie du ministre-juge ; cet apport, relevé par la doctrine contemporaine (conclusions Jagerschmidt ; note Hauriou), résulte de la structure même de la décision, le Conseil d'État statuant directement au fond sans exiger de décision ministérielle préalable revêtant elle-même un caractère juridictionnel.