CE, 1990, Ville de Melun et asso. Melun-Culture-Loisirs
Gestion d'un service public communal par une association sans prérogative de puissance publique
Le Conseil d'État juge qu'une association privée peut être regardée comme gérant un service public communal en l'absence même de toute prérogative de puissance publique, dès lors qu'un faisceau d'indices — création par la commune, financement majoritaire, aides indirectes, composition et présidence de son organe dirigeant par des élus municipaux — révèle l'emprise de la collectivité sur son activité d'intérêt général. Cette qualification emporte l'application de la loi du 17 juillet 1978 sur la communication des documents administratifs à ses comptes.
« […] ladite association dont le maire était président de droit jusqu'en 1983 et dont le conseil d'administration comporte une majorité de conseillers municipaux siégeant pour la plupart en cette qualité, doit, dans ces conditions, être regardée, alors même que l'exercice de ses missions ne comporterait pas la mise en œuvre de prérogatives de puissance publique, comme gérant, sous le contrôle de la commune, un service public communal et figure ainsi au nombre des organismes mentionnés à l'article 2 [de la loi du 17 juillet 1978]. »