CE, 2018, Communauté d'agglomération du pays ajaccien
Extension du délai raisonnable aux titres exécutoires (tempéraments procéduraux)
Le Conseil d’État étend le délai raisonnable issu du principe de sécurité juridique (CE, ass., 13 juillet 2016, Czabaj) aux titres exécutoires : sauf circonstances particulières, ce délai ne saurait excéder un an à compter de la notification du titre, du premier acte procédant de ce titre ou d’un acte de poursuite. Il précise deux tempéraments : le débiteur qui saisit le juge judiciaire incompétent conserve le bénéfice du délai s’il a agi avant son expiration ; un nouveau délai de deux mois court à compter de la notification du jugement d’incompétence. La règle s’applique quelle que soit la date des faits.
« S’agissant des titres exécutoires, sauf circonstances particulières dont se prévaudrait son destinataire, le délai raisonnable ne saurait excéder un an à compter de la date à laquelle le titre, ou à défaut, le premier acte procédant de ce titre ou un acte de poursuite a été notifié au débiteur ou porté à sa connaissance. […] Un débiteur qui saisit la juridiction judiciaire, alors que la juridiction administrative était compétente, conserve le bénéfice de ce délai raisonnable dès lors qu’il a introduit cette instance avant son expiration. Un nouveau délai de deux mois est décompté à partir de la notification ou de la signification du jugement par lequel la juridiction judiciaire s’est déclarée incompétente. » (pt 4)